HUGUES PANASSIÉ

ET LE
BULLETIN DU

 HOT CLUB DE FRANCE

POURQUOI HUGUES PANASSIÉ ?

Hugues Panassié appartient à la légende du jazz.

 

Critique, écrivain, essayiste, polémiste, Hugues Panassié (biographie) a écrit de nombreux livres sur le jazz. Mais il a surtout  laissé une œuvre gigantesque : le Bulletin du Hot Club de France.
Pendant 24 ans il a rédigé quasiment seul ce mensuel consacré exclusivement au jazz, tenant en particulier de savoureuses critiques de disque où dominait l'érudition, la compétence, une farouche indépendance, mais aussi un profond amour du jazz et des musiciens.


La collection du Bulletin du Hot Club de France est  une référence en matière de jazz "classique".

 
Analysant des musiciens aussi différents qu’Art Tatum ou Blind Lemon Jefferson, Clark Terry ou Ray Charles, Hugues Panassié a su dégager et exprimer une essence commune à tous ces styles pourtant si différents à l’oreille du néophyte, celle du Jazz, et y voir le génie de l’Amérique Noire. 

 

 

Dans le Bulletin du Hot de Club de France, le jazz est perçu dans sa globalité : le jazz, rien que le jazz, tout le jazz, qu’il s’agisse de Chuck Berry ou de Paul Gonsalves.

Pas de pages spéciales pour le blues ou une autre pour le gospel.

 

 

 

La grande affaire d'Hugues Panassié c'est de définir avec précision la musique de jazz pour mieux en tracer les contours.

La base de cette définition c'est que le jazz est la musique créée par le peuple afro-américain, intégrant des éléments africains qui donnent à cette musique toute sa singularité.

Un des principaux éléments étant la pulsation régulière exécutée avec alternance de tension et de relaxation, le Swing.

 

Hugues Panassié n’était pas l’homme d’un style comme le pense ses détracteurs, mais au contraire ouvert sur la nouveauté. C’est dans le bulletin qu’a été révélé le talent de beaucoup, comme Monty Alexander, Georges Benson. Connaissons-nous dans notre entourage beaucoup d'amateurs aussi ouverts ?

Cette ouverture ne pouvait qu’aller de pair avec une grande exigence. Hugues Panassié s’est toujours montré, et bien avant le Be-Bop, soucieux de bien séparer « le bon grain de l’ivraie » en différenciant ce qui « était du jazz » de ce qui ne l’était pas. Il est vrai que, le mot étant à la mode,  dans les années 1930 on appelait « jazz » à peu près toute musique un peu moderne.

 

A l’avènement du Be-Bop, Hugues Panassié comprit que celui-ci s’éloignait du jazz, trop imprégné de musique européenne, et que les principes fondamentaux comme le vibrato, la pulsation régulière indispensable au swing, les inflexions, l'attaque,  étaient abandonnées. 

C'est ce renversement des canons du jazz qu'Hugues Panassié a dénoncé, plus que tout autre chose. Il savait néanmoins reconnaître le talent des Charlie Parker, Thelonious Monk, Kenny Clark, et autres. 
En exprimant avec force que le Be Bop n’était pas du jazz, Hugues Panassié s’attira les foudres de la quasi-totalité du reste de la critique. Mais il n’était pas homme à céder aux modes et à la « pensée unique » et il combattit, non le Be Bop en tant que tel, mais le Be Bop en tant que musique de jazz.

 

De nombreux musiciens et non des moindres ont cependant soutenu Hugues Panassié, ainsi que de nombreux amateurs et connaisseurs. Mais pour beaucoup la peur de ne pas être "dans le coup" l'a emporté sur leurs convictions intimes.

Cette indépendance a coûté très cher à Hugues Panassié. Alors que la plupart des critiques avaient des situations à la radio (ORTF, Europe 1 …) ou dans de grands journaux, il s’est ruiné pour le jazz, dilapidant la fortune familiale.

 

Rien que pour cette attitude romantique, Hugues Panassié mérite d’être plus connu et apprécié à sa juste valeur.

 

Les adversaires d'Hugues Panassié ont toujours proclamé l'idée d'un jazz universel évoluant inéluctablement vers une espèce de prétendue perfection harmonique et stylistique au sein duquel les Duke Ellington, Louis Armstrong, ... n'étaient plus à cinquante ans que des pionniers inspirés ayant été depuis longtemps " dépassés ".

 Hugues Panassié a au contraire défendu l'idée d'une musique singulière et vivante qui pouvait évoluer autrement qu’en convergeant vers la musique classique contemporaine.  

 

Il a voulu témoigner de ces formidables artistes afro-américains, si peu prophètes en leur pays, puisque les artistes blancs leur raflaient la popularité et l'argent.

S’insurger des notoriétés usurpées, alors que des musiciens de talent abandonnaient la musique, faute d’engagements, tel fut le combat d’Hugues Panassié.

 

Bien sûr, comme chacun d’entre nous, Hugues Panassié avait ses faiblesses, ses goûts personnels, les modes de pensée et les opinions de sa génération et de son milieu et il peut être tentant de peindre un tableau négatif de sa personnalité.

 

Ce petit site veut donc rendre hommage à Hugues Panassié, et rétablir un équilibre par rapport à ce qu’on peut lire quelquefois çà et là, par exemple dans l’ « encyclopédie » en ligne Wikipédia, où l’auteur, anonyme, dresse, dans un conformisme intellectuel sans risque, un portrait caricatural et partisan du combat d’Hugues Panassié.

Au lieu de réfuter tranquillement ses thèses, on le décrit dans le meilleur des cas comme traditionnaliste, alors qu’en matière de jazz, il était tout le contraire.

Et chose très rare chez les critiques, il savait reconnaître ses erreurs.

 

Ce site contient quelques témoignages et écrits qui permettront à l’honnête homme du XXI° siècle de bien appréhender la personnalité et l’œuvre d'Hugues Panassié.

 

Naviguez sur ce site et vous découvrirez Hugues Panassié.